Author: LE CLÉZIO JEAN-MARIE GUSTAVE

  • Mondo et autres histoires

    Mondo et autres histoires

    «Personne n’aurait pu dire d’où venait Mondo. Il était arrivé un jour, par hasard, ici dans notre ville, sans qu’on s’en aperçoive, et puis on s’était habitué à lui. C’était un garçon d’une dizaine d’années, avec un visage tout rond et tranquille, et de beaux yeux noirs un peu obliques. Mais c’était surtout ses cheveux qu’on remarquait, des cheveux brun cendré qui changeaient de couleur selon la lumière, et qui paraissaient presque gris à la tombée de la nuit. […] Quand il arrivait vers vous, il vous regardait bien en face, il souriait, et ses yeux étroits devenaient deux fentes brillantes. C’était sa façon de saluer. Quand il y avait quelqu’un qui lui plaisait, il l’arrêtait et lui demandait tout simplement : “Est-ce que vous voulez m’adopter ?”»

  • Désert

    Désert

    La toute jeune Lalla a pour ancêtres les «hommes bleus», guerriers du désert saharien. Elle vit dans un bidonville, mais ne peut les oublier. La puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet, une évasion manquée vers «leur» désert, l’exil à Marseille, tout cela ne peut que durcir son âme lumineuse. Lalla a beau travailler dans un hôtel de passe, être enceinte, devenir une cover-girl célèbre, rien n’éteint sa foi religieuse et sa passion du désert.

  • Le chercheur d’or

    Le chercheur d’or

    Le narrateur Alexis a huit ans quand il assiste avec sa sœur Laure à la faillite de son père et à la folle édification d’un rêve : retrouver l’or du Corsaire, caché à Rodrigues. Adolescent, il quitte l’île Maurice à bord du schooner Zetaet part à la recherche du trésor. Quête chimérique, désespérée. Seul l’amour silencieux de la jeune «manaf» Ouma arrache Alexis à la solitude. Puis c’est la guerre, qu’il passe en France (dans l’armée anglaise). De retour en 1922 à l’île Maurice, il rejoint Laure et assiste à la mort de Mam. Il se replie à Mananava. Mais Ouma lui échappe, disparaît. Alexis aura mis trente ans à comprendre qu’il n’y a de trésor qu’au fond de soi, dans l’amour et l’amour de la vie, dans la beauté du monde.

  • La ronde et autres faits divers

    La ronde et autres faits divers

    Onze «faits divers», d’une banalité tout apparente. Qu’il s’agisse d’un groupe d’ouvriers misérables passant en fraude la frontière italienne, de deux jeunes filles fugueuses, d’un enfant voleur, d’une femme accouchant seule sur la moquette d’un mobile home, surveillée par son chien-loup au regard de braise, qu’il s’agisse de la fillette broyée par un camion, ou de la fillette violée dans une cave de H.L.M., l’auteur impose aux faits une étrangeté bouleversante. L’incident s’annule au profit du dénominateur commun de toute souffrance humaine qu’articulent l’horreur de la solitude, la répression, l’injustice et, quoi qu’il arrive, le fol et vain espoir de rencontrer, dans l’amour et dans la liberté, une merveilleuse douceur.

  • Printemps et autres saisons

    Printemps et autres saisons

    Cinq saisons, cinq nouvelles, cinq femmes ; Libbie-Saba, Zobéïde, la bohémienne aux roses, Gaby et Zinna. Une par nouvelle. Une par saison. Cinq femmes vues ou entrevues, rêvées, pour tenter de dire la fragilité, l’étrangeté et la recherche de l’amour, la recherche de soi-même, l’errance et l’appartenance, la mémoire ou l’oubli, le temps qui ne passe pas et les lieux anciens qui s’enfuient.

  • L’Extase matérielle

    L’Extase matérielle

    Essai discursif, à l’opposé de tout système, composé de méditations écrites en toute tranquillité, destinées à remuer plutôt qu’à rassurer, oui, à faire bouger les idées reçues, les choses acquises ou apprises. C’est un traité des émotions appliquées. «Les principes, les systèmes sont des armes pour lutter contre la vie.» «La beauté de la vie, l’énergie de la vie ne sont pas de l’esprit, mais de la matière».
    Douloureusement, cliniquement, l’auteur parle de lui pour lui : de sa chambre, de la femme, du corps de la femme, de l’amour, d’une mouche, d’une araignée, de l’écriture, de la mort, de son idée de l’absolu.
    «Il y a un indicible bonheur à savoir tout ce qui en l’homme est exact.»
    Le Clézio nous livre frénétiquement le secret d’une découverte mais, bien entendu, le secret demeure entier.

  • Onitsha

    Onitsha

    Fintan, Maou, Geoffroy : trois rêves, trois révoltes. Et une même soif.
    Fintan Allen a douze ans lorsque, le 14 mars 1948, il embarque pour l’Afrique avec sa mère, Maou. Geoffroy Allen, qui avait laissé en France sa femme et son fils, leur a enfin demandé de venir le rejoindre à Onitsha, petit port fluvial où il travaille pour la United Africa. Fintan ne connaît ni son père, ni l’Afrique.
    Maou, elle, rêve d’une Afrique idyllique où elle pourra vivre près de l’homme qu’elle aime, à l’abri des préjugés familiaux qui condamnaient en lui le rêveur sans le sou, et anglais de surcroît. C’est une Afrique bien différente qu’elle va découvrir, dévorante, insaisissable. Et un conformisme plus oppressant encore : celui du milieu colonial, fait de haines, de mesquineries, d’échecs inavouables.
    «L’Afrique brûle comme un secret, comme une fièvre. Geoffroy Allen ne peut pas détacher son regard, un seul instant, il ne peut pas rêver d’autres rêves.»
    Ce livre est pareil à l’Afrique. S’il s’en dégage malgré sa violence un tel sentiment de sérénité, c’est que, chez Le Clézio, même la fièvre, même la révolte, même la défaite sont les couleurs de la paix.

  • Étoile errante

    Étoile errante

    Pendant l’été 1943, dans un petit village de l’arrière-pays niçois transformé en ghetto par les occupants italiens, Esther découvre ce que peut signifier être juif en temps de guerre : adolescente jusqu’alors sereine, elle va connaître la peur, l’humiliation, la fuite à travers les montagnes, la mort de son père.
    Une fois la guerre terminée, Esther décide avec sa mère de rejoindre le jeune État d’Israël. Au cours du voyage, sur un bateau surpeuplé, secoué par les tempêtes, harcelé par les autorités, elle découvrira la force de la prière et de la religion. Mais la Terre promise ne lui apportera pas la paix : c’est en arrivant qu’elle fait la rencontre, fugitive et brûlante comme un rêve, de Nejma, qui quitte son pays avec les colonnes de Palestiniens en direction des camps de réfugiés.
    Esther et Nejma, la Juive et la Palestinienne, ne se rencontreront plus. Elles n’auront échangé qu’un regard, et leurs noms. Mais, dans leurs exils respectifs, elles ne cesseront plus de penser l’une à l’autre. Séparées par la guerre, elles crient ensemble contre la guerre.
    Comme dans Onitsha, avec lequel il forme un diptyque, on retrouve dans Étoile errante le récit d’un voyage vers la conscience de soi. Tant que le mal existera, tant que des enfants continueront d’être captifs de la guerre, tant que l’idée de la nécessité de la violence ne sera pas rejetée, Esther et Nejma resteront des étoiles errantes.

  • Diego et Frida

    Diego et Frida

    Lorsque Frida annonce son intention d’épouser Diego Rivera, son père a ce commentaire acide : «ce seront les noces d’un éléphant et d’une colombe». Tout le monde reçoit avec scepticisme la nouvelle du mariage de cette fille turbulente mais de santé fragile avec le «génie» des muralistes mexicains, qui a le double de son âge, le triple de son poids, une réputation d’«ogre» et de séducteur, ce communiste athée qui ose peindre à la gloire des Indiens des fresques où il incite les ouvriers à prendre machettes et fusils pour jeter à bas la trinité démoniaque du Mexique – le prêtre, le bourgeois, l’homme de loi. Diego et Frida raconte l’histoire d’un couple hors du commun. Histoire de leur rencontre, le passé chargé de Diego et l’expérience de la douleur et de la solitude pour Frida. Leur foi dans la révolution, leur rencontre avec Trotski et Breton, l’aventure américaine et la surprenante fascination exercée par Henry Ford. Leur rôle enfin dans le renouvellement du monde de l’art.
    Étrange histoire d’amour, qui se construit et s’exprime par la peinture, tandis que Diego et Frida poursuivent une œuvre à la fois dissemblable et complémentaire. L’art et la révolution sont les seuls points communs de ces deux êtres qui ont exploré toutes les formes de la déraison. Frida est, pour Diego, cette femme douée de magie entrevue chez sa nourrice indienne et, pour Frida, Diego est l’enfant tout-puissant que son ventre n’a pas pu porter. Ils forment donc un couple indestructible, mythique, aussi parfait et contradictoire que la dualité mexicaine originelle, Ometecuhtli et Omecihuatl.

  • Voyage à Rodrigues

    Voyage à Rodrigues

    En écrivant Le chercheur d’or, J.M.G. Le Clézio s’était inspiré d’aventures vécues par son grand-père. Dans ce Journal, Le Clézio raconte son voyage vers l’île Rodrigues sur les traces de son grand-père et de la légende qu’il a laissée.
    «Ai-je vraiment cherché quelque chose ? J’ai bien sûr soulevé quelques pierres, sondé la base de la falaise ouest, à l’aplomb des cavernes que j’ai repérées à mon arrivée dans l’Anse aux Anglais. Dans la tourelle ruinée de la Vigie du Commandeur (peut-être une ancienne balise construite par le Corsaire), dans les étranges balcons de pierres sèches, vestiges des anciens boucaniers, j’ai cherché plutôt des symboles, les signes qui établiraient le commencement d’un langage. Quand je suis entré pour la première fois dans le ravin, j’ai compris que ce n’était pas l’or que je cherchais, mais une ombre, quelques choses comme un souvenir, comme un désir.»

  • La Quarantaine

    La Quarantaine

    «Que reste-t-il des émotions, des rêves, des désirs quand tout disparaît ? L’homme d’Aden, l’empoisonneur de Harrar sont-ils les mêmes que l’adolescent furieux qui poussa une nuit la porte du café de la rue Madame, son regard sombre passant sur un enfant de neuf ans qui était mon grand-père ? Je marche dans toutes ces rues, j’entends le bruit de mes talons qui résonne dans la nuit, rue Victor-Cousin, rue Serpente, place Maubert, dans les rues de la Contrescarpe. Celui que je cherche n’a plus de nom. Il est moins qu’une ombre, moins qu’une trace, moins qu’un fantôme. Il est en moi comme une vibration, comme un désir, un élan de l’imagination, un rebond du cœur, pour mieux m’envoler. D’ailleurs je prends demain l’avion pour l’autre bout du monde. L’autre extrémité du temps.»

  • Poisson d’or

    Poisson d’or

    «Quem vel ximimati in ti teucucuitla michin.»
    Ce proverbe nahuatl pourrait se traduire ainsi :
    «Oh poisson, petit poisson d’or, prends bien garde à toi ! Car il y a tant de lassos et de filets tendus pour toi dans ce monde.»
    Le conte qu’on va lire suit les aventures d’un poisson d’or d’Afrique du Nord, la jeune Laïla, volée, battue et rendue à moitié sourde à l’âge de six ans, et vendue à Lalla Asma qui est pour elle à la fois sa grand-mère et sa maîtresse. À la mort de la vieille dame, huit ans plus tard, la grande porte de la maison du Mellah s’ouvre enfin, et Laïla doit affronter la vie, avec bonne humeur et détermination, pour réussir à aller jusqu’au bout du monde.

  • Gens des nuages

    Gens des nuages

    «De ce voyage vers la Saguia el Hamra, nous avions parlé depuis la première fois que nous nous étions rencontrés. Les circonstances, nos occupations, nos préoccupations familiales, ainsi que la situation troublée dans laquelle se trouvait une grande partie du territoire des nomades Aroussiyine avaient rendu ce retour improbable, voire impossible.
    Et voici que tout d’un coup, alors que nous n’y songions plus, le voyage devint possible. Il était venu à nous quand nous ne l’espérions plus. Nous pouvions en parler d’une façon très simple, comme s’il s’agissait de visiter une province lointaine.
    Entendre parler les Aroussiyine, les approcher, les toucher.
    De quoi vivaient-ils ?
    Avaient-ils toujours des troupeaux de chameaux et de chèvres, élevaient-ils toujours des autruches ?
    Combien étaient-ils ?
    Avaient-ils changé au cours des siècles, depuis que Sidi Ahmed el Aroussi avait fondé la tribu ?
    Nous voulions entendre résonner les noms que la mère de Jemia lui avait appris, comme une légende ancienne, et qui prenaient maintenant un sens différent, un sens vivant : les femmes bleues ; l’assemblée du vendredi ; les Chorfa, descendants du Prophète ; les Aït Jmal, le Peuple du chameau ; les Ahel Mouzna, les Gens des nuages, à la poursuite de la pluie. Nous sommes partis sans réfléchir, sans savoir où nous allions, sans être même sûrs que nous y arriverions.»
    Jemia et J.M.G. Le Clézio.

  • Hasard suivi d’ Angoli Mala

    Hasard suivi d’ Angoli Mala

    «Au point du jour, en prenant son quart, Juan Moguer eut son regard attiré par ce qu’il crut d’abord être un tas de chiffons posé sur le pont, à bâbord, contre le rebord du rouf. La mer était calme, une vague lueur éclairait un nuage à l’est. La côte était déjà loin, seules les hautes montagnes enneigées étincelaient au soleil.
    Moguer ouvrit la porte du cockpit et pointa sa torche sur l’objet insolite. Dans la pénombre, le tas de chiffons se défit un peu dans le vent et deux grands yeux noirs brillèrent dans un petit visage sombre qui paraissait celui d’un enfant.»
    Comment Nassima, déguisée en garçon, s’embarqua à bord du Azzar et ce qui s’ensuivit.
    Les deux courts romans (ou longues nouvelles) qu’on va lire, Hasard et Angoli Mala, sont séparés par quinze années. Il m’a semblé qu’ils parlaient du même apprentissage, de l’amour de la nature, du mal aussi. Mais au moment de les réunir, je ne sais plus très bien lequel est le miroir de l’autre.
    J. M. G. Le Clézio.

  • Cœur brûle et autres romances

    Cœur brûle et autres romances

    «Il avait fait chaud cet été-là en Provence, une chaleur tyrannique, menaçante. Vers juillet, Pervenche est partie. Elle ne s’était même pas présentée au bac, à quoi bon ? Elle n’avait rien fait, elle savait bien qu’elle ne pouvait pas réussir. Toute l’année, elle avait traîné, surtout avec “Red” Laurent, dans les bistros, les boîtes, les fêtes, ou simplement dans la rue. Elle buvait des bières, elle fumait. L’après-midi, elle retrouvait Laurent devant le garage abandonné, au pied de la colline. Laurent soulevait le rideau de tôle, et ils se glissaient à l’intérieur. Ça sentait le cambouis, et une autre odeur plus piquante, comme de la paille, ou de l’herbe qui fermente. Ils faisaient l’amour par terre, sur une couverture.»

  • Révolutions

    Révolutions

    «Ce n’est pas le paradis qui est perdu, c’est le temps avec ses révolutions. Nice, dans les années cinquante et soixante, était l’endroit rêvé où rendre un culte intérieur et un peu désespéré à l’île Maurice de mes ancêtres. La réalité semblait ne cesser de s’y transformer, des populations très pauvres, venues de tous les coins de l’Europe et de l’Asie, des Russes, des Italiens, des Grecs, des émigrés africains, et les premiers rapatriés fuyant la guerre d’Algérie, s’y croisaient chaque jour, et quelque chose de la fabrication de la pensée classique, c’est-à-dire de la philosophie, y était encore perceptible. Peut-être, à un degré différent et sur un autre mode, ce qu’était Alger ou Beyrouth à la même époque.
    L’exil, la recherche d’une terre, font partie de ce qui m’a été donné premièrement. Il m’a toujours semblé, comme l’a dit Flannery O’Connor, qu’un romancier doit être porté à écrire sur les premières années de sa vie, où le principal lui a été donné.»
    J. M. G. Le Clézio.

  • L’Africain

    L’Africain

    «J’ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m’étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d’Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j’étais devenu un étranger. Puis j’ai découvert, lorsque mon père, à l’âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c’était lui l’Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m’a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j’ai écrit ce petit livre.»
    J.M.G. Le Clézio.

  • Mondo et autres histoires

    Mondo et autres histoires

    «Personne n’aurait pu dire d’où venait Mondo. Il était arrivé un jour, par hasard, ici dans notre ville, sans qu’on s’en aperçoive, et puis on s’était habitué à lui. C’était un garçon d’une dizaine d’années, avec un visage tout rond et tranquille, et de beaux yeux noirs un peu obliques. Mais c’était surtout ses cheveux qu’on remarquait, des cheveux brun cendré qui changeaient de couleur selon la lumière, et qui paraissaient presque gris à la tombée de la nuit. […] Quand il arrivait vers vous, il vous regardait bien en face, il souriait, et ses yeux étroits devenaient deux fentes brillantes. C’était sa façon de saluer. Quand il y avait quelqu’un qui lui plaisait, il l’arrêtait et lui demandait tout simplement : “Est-ce que vous voulez m’adopter ?”»

  • Ourania

    Ourania

    «”Quand j’ai compris que Mario était mort, tous les détails me sont revenus. Les gens racontaient cela en long et en large à ma grand-mère. Mario traversait le champ, un peu plus haut, à la sortie du village. Il cachait la bombe dans un sac, il courait. Peut-être qu’il s’est pris les pieds dans une motte de terre, et il est tombé. La bombe a explosé. On n’a rien retrouvé de lui. C’était merveilleux. C’était comme si Mario s’était envolé vers un autre monde, vers Ourania. Puis les années ont passé, j’ai un peu oublié. Jusqu’à ce jour, vingt ans après, où le hasard m’a réuni avec le jeune homme le plus étrange que j’aie jamais rencontré.”

    C’est ainsi que Daniel Sillitoe, géographe en mission au centre du Mexique, découvre, grâce à son guide Raphaël, la république idéale de Campos, en marge de la Vallée, capitale de la terre noire du Chernozem, le rêve humaniste de l’Emporio, la zone rouge qui retient prisonnière Lili de la lagune, et l’amour pour Dahlia.»
    J.M.G. Le Clézio.

  • Ritournelle de la faim

    Ritournelle de la faim

    «Ma mère, quand elle m’a raconté la première du Boléro, a dit son émotion, les cris, les bravos et les sifflets, le tumulte. Dans la même salle, quelque part, se trouvait un jeune homme qu’elle n’a jamais rencontré, Claude Lévi-Strauss. Comme lui, longtemps après, ma mère m’a confié que cette musique avait changé sa vie.
    Maintenant, je comprends pourquoi. Je sais ce que signifiait pour sa génération cette phrase répétée, serinée, imposée par le rythme et le crescendo. Le Boléron’est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prophétie. Il raconte l’histoire d’une colère, d’une faim. Quand il s’achève dans la violence, le silence qui s’ensuit est terrible pour les survivants étourdis.
    J’ai écrit cette histoire en mémoire d’une jeune fille qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans.»
    J. M. G. Le Clézio.

  • Tempête. Deux novellas

    Tempête. Deux novellas

    «En anglais, on appelle “novella” une longue nouvelle qui unit les lieux, l’action et le ton. Le modèle parfait serait Joseph Conrad. De ces deux novellas, l’une se déroule sur l’île d’Udo, dans la mer du Japon, que les Coréens nomment la mer de l’Est, la seconde à Paris, et dans quelques autres endroits. Elles sont contemporaines.»
    J. M. G. Le Clézio.